vendredi 13 mars 2009

Les nouveaux Dieux seront Web !



« Bonjour,
tout le monde n'est peut être pas au courant mais je me trouve dans une situation de recherche d'appartement en ce moment même. Mes colocataires m'ayant laissé sur le plan, j'ai dû chercher tant bien que mal au plus vite.

J'ai certainement trouvé quelque chose mais le temps de remplir le dossier et que les clefs arrivent de Chandernagor, je reste sans rien.

Mes "super" colocataires ( je n'étais pas sur le
bail ) viennent de me dire que demain après midi ils venaient pour faire le ménage dans l'appart et que genre je devais quitter les lieux aussitôt. Je n'aurais jamais demandé cela si je n'avais été dans une telle position, mais l'un d'entre vous aurait il une tite place, juste pour dormir, le temps que tout cela s'arrange.

Je vous remercie.
Cordialement, Rui Albuquerque. »

Non de Dieu ! Avec un nom pareil, se retrouver à la rue !
Alfonso de Albuquerque participa à une expédition en Inde en 1503, puis à Madagascar en 1505. Il prit l'îlot de Socotora en 1506 (entrée de la mer rouge) et Ormuz en 1507 (entrée du golfe persique). Il verrouillait ainsi les voies maritimes arabes qui descendaient le long de l'Afrique. Il succéda à d'Almeida comme vice-roi des Indes en 1508 et contribua à l'extension de l'empire colonial portuguais de Manuel Ier. Il surveilla ses routes maritimes, coulant sans pitié les bateaux arabes avec leurs occupants. Il prit Goa en 1510 (en la pillant) et en fit la capitale des possessions portugaises. Il dépassa la côte Malabar, celles de Ceylan et prit Malacca en 1511, ce qui permit aux Portugais de commercer avec le Siam, la Chine et les Moluques ("Iles aux épices").
Désormais, la route de la soie qui aboutissait à Venise ou Gênes était doublée par les voies maritimes portugaises, amenant ainsi les trésors de l'orient en Europe par Lisbonne.
http://www.publius-historicus.com/albuquer.htm
Ailleurs sur le Web : « Le navigateur portugais prend possession de la cité de Goa, à 400 km au sud de Bombay. La ville devient la capitale de l'empire portugais des Indes orientales jusqu'à sa restitution à l'Inde de Nehru 12 décembre 1961 ».

Voilà ! Depuis 1961 la famille ne s’est pas remise du coup porté par Gandhi ! Et les Albuquerque errent de coloc en coloc. D’où, en plus, on les jette !

Les nouvelles technologies, c’est ça aussi : vous trébuchez sur un nom magique. Et Google vous dit tout sur lui. De même que l’exquis Rui vous livre son émoi par la messagerie de la boite..

La boucle est bouclée. L’histoire vient de renverser son sablier. L’heure coule à l’envers des anciennes privautés. Elles ont rendu leurs tabliers. Même si, n’en doutons pas, ce gentil petit ru de Rui dans son infortune trouvera, grâce à Internet, le moyen de reprendre la main sur son destin. Dans laquelle une clef ouvrant la porte. Derrière laquelle de vrais amis.

Le second niveau de paradoxe entre l’alarme de Rui Albuquerque et le rayonnement de son nom vient du fait que c’est dans la ville d’Albuquerque, nouveau Mexique, qu’en 1975 Bill Gates et Paul Allen inventeraient l’informatique personnelle..

*

Je ne vous dis pas la profondeur de souffle de la forge de Fond de fût.. Pied de Vigne, quand à lui, s’employait à dégauchir un requiem qui refusait de rigoler.

Pied de Vigne, souvent ainsi s’occupe les mains pour mieux réfléchir. Il est improductif de lui demander alors les chances de succès qu’il accorde à ses ébauches. De crâne sans tempes pour lutter contre la migraine, par exemple.

Je poursuivais.

Tous ces noms, ces bruits de font de l’univers que j’entends au téléphone conjurent à ceci, mes amis : Alexandra Atamaniouk ne veut plus de l’hiver. Shéhérazade oublie ses contes à genoux. Albuquerque cherche un abri. Pour chacun d’entre eux les nouveaux Dieux seront Web !

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À la semaine prochaine ?


Ou plutôt, non.. la suite est à découvrir dans le bouquin (jusqu'ici feuilletonné pour son premier tiers).

Bien cordialement,

Jean Sébastien Loygue
http://www.loygue.com/
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vendredi 6 mars 2009

Léon


Suite du précédent épisode de « Dieu sera Web ! »..
- Chez Atlantica - http://www.atlantica.fr/catalogue.php?id_club=&id_partner=&RefLien=&br_ident=&CodePromo=&tps=1226425030&nomSession=1226424988&sid=9e5e68b0838b124cb144eb1a964b0729&go=Go&Affichage=simple
8 - « Léon »

Je viens donc à peine de faire mon choix qu’un nouveau DG nous est donné chez UWellCom ! Celui qui flingue sur l’Intranet, vous vous rappelez ? 1M94, plus du quintal. On sent qu’il aimerait terrifier par sa seule apparence. Ce qui le rend presque touchant. Il se présente à nous avec ces mots « On me surnomme Léon » ; chacun a en mémoire le film où Jean Réno joue nettoyeur, lisez : tueur à gage..

Frimas dans les cœurs. Coup de vent sur les nuques. Quelles têtes vont-elles tomber ? Moment de flottement dans les regards. Qui va trahir qui ?

Xérès, si on le compare à Jacques Jack, très grand lui aussi mais sec comme un hareng. Xérès fait cow boy de seconde génération. Le premier (Jacques) inventait les parcours des bêtes à transhumer d’un océan à l’autre. Xérès balise les haltes de péages… Il fertilise l’héroïsme.

Le créateur est passé entre les flèches de tribus innombrables, songez, d’ouest en est : les Chickasaw, les Seminoles, les Cherokee, les Blackfeet, les Cheyennes, les Sioux, les Pawnee, les Comanches, les Crows, les Nez Percés, les Yakima, les Cayuse, les Wenatchee les Shoshone, les Ute, les Paiute les Yurok, les Salina, les Kawaiisu. Pour finir avec celles qu’il préférait affronter, presque arrivé devant l’Océan Pacifique : les Mohave et les Apache, les Kiowa, et les Navajo, les Hopi, et les Yuma.. Que de massacres pour y parvenir !!!!!

Il a roulé sa couverture au pied d’un arbre le soir. Pour qu’au matin la rosée ne lui glace les os. Il a tendu l’oreille aux hurlements des hyènes, Jack Jack, inventeur et cruel.

Xérès surgit à un moment de l’histoire où les bisons se font plus rares que les saloons. Où les plumes de Jéronimo posent pour la gloire, oui, mais accrochées au mur..

Il aura donc à fructifier l’aventure qu’il n’a pas vécue, Xérès. Ce qui faisait le ventre plat de Jacques Jack était la méharée. Ce qui rebondit de lard exquis celui de Xérès ce sont ses noces de gosse arrivé au monde avec sa petite cuillère aux lèvres en argent, une rue qui porte son nom, une famille qui y plastronne depuis deux cents ans. En faisant descendre les poubelles par des bonnes.

Heureusement nous sommes à Marseille. Ce pourquoi il reste en lui quelque chose du bandeau sur l’œil. Les défis d’homme lui font regret. Le risque. La fureur. La sueur de l’étreinte lorsque l’on se bat avec un chacal (« On avait dit : pas les griffes ! »). L’eau brûlante versée dans un tonneau où il serait nu. Après deux semaines à convoyer puant dix mille têtes dans la pampa. Eau versée tout à l’heure par une belle aux seins érectiles et au bras gauche court.

— Court ? Demande Fond de fût.
— Je veux dire invisible sous les bulles..

— Et sa voix t’inspire quoi ? s’enquiert Pied de Vigne.

Parfois du bedon, une retenue avant de gerber. Trop mangé. Trop facile de donner les baffes. Buerk ! Dans ces cas là on se demande s’il ne va pas roter gras. Péter lourd. On entend un rien qui s’emmerde aussi.

Même si un beaucoup qui darde est perceptible. Mais engoncé par trop d’intelligence apprise. Pas assez d’inattendu dans sa vie quotidienne, de véritables surprises. Et non seulement celles de changements de hub pour des meetings que l’on déplace sur l’agenda jusqu’au dernier péage du « pourquoi faire ? ».

Oui, j’entends parfois comme un empêchement agacé à commencer sa vie de jeune homme avec des fragrances passées dans l’air sépia autour de soi. Une anémie graisseuse de l’esprit familial qui fait une pâteuse émulsion avec des envies d’aventures.

Mélange de satiété et de courage en fin de parcours à la cour. Désir d’exister, lorsqu’on porte un nom de rue près d’un port qui ne fut pas canotier, mais flibustier !

Si Xérès avait pratiqué le rugby, il aurait fait partie de ces joueurs un peu « connards ». C'est-à-dire mauvais perdants, passionnés, plutôt méchants, sans lesquels aucune équipe ne gagne. J’apprécie ces moments où le couillu s’empare chez lui du parvenu.

De temps en temps, d’ailleurs, il se lâche : « Pow ! Pow ! Pow ! » Son naturel forban lui remonte aux bretelles. Les coups de colt entendus au début du livre secouent sa pétole (période sans vents et où en mer on s’emmerde)..

Et, puisque j’évoque l’Intranet de la boite, vous savez ce que je viens d’y lire ?

— Tu vas nous le dire..

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À la semaine prochaine ?
Jean Sébastien Loygue
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