
Suite du précédent épisode de « Dieu sera Web ! »..
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Les rues..
Heureusement il y a une rue Jean Cocteau qui n’a nui à personne. Une autre Francis de Croisset. Au nom étrange car il suggère à la fois grandir et mordre dans un petit pain roulé à l’odeur sans pareille. Une rue Pasteur qui fonde pour longtemps notre admiration..
Mais que dire de celles qui ont perdu leurs noms propres d’origine ? Ceux d’odeurs et de métiers ? Et même de lumières de l’air – comme il en fut pour la rue des brouillards ? Rebaptisée en 1970 d’un non de résistante qui n’avait rien demandé. Parce qu’une des filles de la dame s’était piquée de figurer sur une liste électorale ! Je vous jure que c’est vrai.. Je connais et la rue, et la dame.. J’allais dire la tenancière de ce patronyme..
Que dire de rues décapitées en fanfare ? Pour célébrer un poète qui aurait honte aujourd’hui de son ombre portée sur les iniquités du « petit père des peuples » ?
Que dire des victoires napoléoniennes ? Qui ont détourné des sentes remises au droit en tant qu’avenues. Après avoir raboté leurs tournants. Et oublié qu’elles étaient venues de saveurs. Non de sapeurs !
Que dire d’innombrables médecins qui voulurent devenir célèbres. En même temps qu’ils percevaient le déclin de l’Église et se disaient : « Le goupillon est à l’agonie ; il y a une place à prendre pour de nouveaux mystificateurs. Et puis la souffrance des autres m’emmerde ! » ?
Que dire de Périphérique ? Ah ! Celui-là ! On le retrouve à chaque fois que deux époques se rencontrent. La nouvelle fait semblant de cajoler la suivante. Alors qu’elle l’étrangle..
Et puis que sont devenus les Émile Cordon qui se déguisèrent en bout de ficelle en espérant franchir le nouveau siècle sans attirer l’attention ?
Que dire d’Ardouin qui singeait le preux alors qu’il ne fut peut être qu’un argousin faisant dans son froc ? Que dire de lui dont il ne reste rien. Après qu’on lui ait substitué un obscur conseiller d’état dont l’épouse était influente ?
Que n’ont-ils conservé leurs noms de baptême, ces chemins des hommes qui ont préféré porter les patronymes des orgueilleux qui les inauguraient. Au lieu de préserver leur sens à eux. Celui de ceux qui les cheminaient ?
Par exemple celui des Monte à regret. Pour une ruelle conduisant au gibet ? Celui de Berthe au grand pied - un seul - qui fut aimée malgré son infirmité ? Celui d’Angélique qui sentait la cannelle ? Et celui de Cannelle, sa jumelle, au nom d’esclave et de fruit confit ?
Heureusement, à Saint Ouen, il nous reste d’exquises appellations comme on murmure celle d’inconnues croisées en rêve.
Ainsi de la rue Gourgandine, que j’ai cherchée parce que j’étais en avance à mon rendez vous chez « Instants de bonheur ». Et trouvée parce que j’ai eu de la chance. En même temps qu’elle avait eu la bonté de m’attendre.
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À la semaine prochaine ?
Jean Sébastien Loygue
http://www.loygue.com/
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Autres blogs :
http://jsloygue.blogspot.com/ - Web vision
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- http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_S%C3%A9bastien_Loygue
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Les rues..
Heureusement il y a une rue Jean Cocteau qui n’a nui à personne. Une autre Francis de Croisset. Au nom étrange car il suggère à la fois grandir et mordre dans un petit pain roulé à l’odeur sans pareille. Une rue Pasteur qui fonde pour longtemps notre admiration..
Mais que dire de celles qui ont perdu leurs noms propres d’origine ? Ceux d’odeurs et de métiers ? Et même de lumières de l’air – comme il en fut pour la rue des brouillards ? Rebaptisée en 1970 d’un non de résistante qui n’avait rien demandé. Parce qu’une des filles de la dame s’était piquée de figurer sur une liste électorale ! Je vous jure que c’est vrai.. Je connais et la rue, et la dame.. J’allais dire la tenancière de ce patronyme..
Que dire de rues décapitées en fanfare ? Pour célébrer un poète qui aurait honte aujourd’hui de son ombre portée sur les iniquités du « petit père des peuples » ?
Que dire des victoires napoléoniennes ? Qui ont détourné des sentes remises au droit en tant qu’avenues. Après avoir raboté leurs tournants. Et oublié qu’elles étaient venues de saveurs. Non de sapeurs !
Que dire d’innombrables médecins qui voulurent devenir célèbres. En même temps qu’ils percevaient le déclin de l’Église et se disaient : « Le goupillon est à l’agonie ; il y a une place à prendre pour de nouveaux mystificateurs. Et puis la souffrance des autres m’emmerde ! » ?
Que dire de Périphérique ? Ah ! Celui-là ! On le retrouve à chaque fois que deux époques se rencontrent. La nouvelle fait semblant de cajoler la suivante. Alors qu’elle l’étrangle..
Et puis que sont devenus les Émile Cordon qui se déguisèrent en bout de ficelle en espérant franchir le nouveau siècle sans attirer l’attention ?
Que dire d’Ardouin qui singeait le preux alors qu’il ne fut peut être qu’un argousin faisant dans son froc ? Que dire de lui dont il ne reste rien. Après qu’on lui ait substitué un obscur conseiller d’état dont l’épouse était influente ?
Que n’ont-ils conservé leurs noms de baptême, ces chemins des hommes qui ont préféré porter les patronymes des orgueilleux qui les inauguraient. Au lieu de préserver leur sens à eux. Celui de ceux qui les cheminaient ?
Par exemple celui des Monte à regret. Pour une ruelle conduisant au gibet ? Celui de Berthe au grand pied - un seul - qui fut aimée malgré son infirmité ? Celui d’Angélique qui sentait la cannelle ? Et celui de Cannelle, sa jumelle, au nom d’esclave et de fruit confit ?
Heureusement, à Saint Ouen, il nous reste d’exquises appellations comme on murmure celle d’inconnues croisées en rêve.
Ainsi de la rue Gourgandine, que j’ai cherchée parce que j’étais en avance à mon rendez vous chez « Instants de bonheur ». Et trouvée parce que j’ai eu de la chance. En même temps qu’elle avait eu la bonté de m’attendre.
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Jean Sébastien Loygue
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