
Suite du précédent épisode de « Dieu sera Web ! »..
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- David Siboni
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- David Siboni
De là, je pars voir David Siboni créateur d’une micro entreprise attachante : « Instants de bonheur ». Elle s’appelle comme ça, sa TPE ! Et il ne semble pas prêt à lui changer sa raison sociale. Vous auriez adoré, mes amis..
— Fond de fût arrondissait ses yeux.
Je pense qu’il sera toujours là à semer la bonne graine de sa joie avec les petites roues bienheureuses au vélo d’enfant qu’il a dans la tête. Rafraîchissant !
— Pied de Vigne s’y prenait à deux mains pour écarter ses mèches..
Je l’ai rencontré en plein été. Il venait enfin de pleuvoir trois gouttes sur Paris. Après une semaine de canicule. Les regards étaient lavés.
— Mais sa voix ? Demandait Pied de Vigne, habitué à ce que je rencontre les gens d’abord par téléphone..
Une voix perchée de ténor, Pied de Vigne. Argentique comme celles des basques, flanelle rouge à la ceinture. Cornes au ras du cul dans une volte. Cambrure. Soleil. Corrida.
Une voix qui soulève la cape. Masque l’épée. Punit la bête. Une voix d’éblouissant beau temps. Une voix que récompense la « Présidence » avec une oreille. Un flot d’orgueil brandi dans le soleil.
Une voix qui fait les maestros immobile, Pied de Vigne, « Arrêt sur image ». Ou demis d’ouverture insaisissables.
Ils ont "évité" juste avant qu’un troisième ligne ne les découpe. Ou qu’un Miura ne les ait fait voler par dessus la talanquère. Derrière celle-ci le chirurgien opère sur du sable en urgence. Sol y sangre !
Soit, mes amis : du soleil et du rare. Sous un ciel qui fait tituber. Qui assomme. Brouhaha d’applaudissements. De peurs. De rumeurs et de veuves en pleurs. Le taureau vient d’entrer sur la piste. Terreur !
Oui, il a des résonateurs de passéos dans les fosses nasales, mon novillero. Un son irisant. Il est insolent. Le bonheur est dans son effronterie d’espérer. Il n’a jamais entendu parler du fond des pots que l’on racle avec amertume. Ni de la nostalgie. Il est jeune !
D’abord, je l’entends. Il est si heureux de me raconter ce qu’il fait ! Moi de l’écouter. A-t-il besoin de quelqu’un pour se développer ?
Son idée ? Découper les budgets de com interne – habituellement dilapidés lors d’une manifestation tapageuse annuelle – en micro instants de bonheur. Des tutoiements relationnels au lieu d’un fourvoiement grandiloquent. Idée simple, n’est-ce pas ?
Il travaille sur ce projet avec sa copine. Conquise après qu’il eût publié un livre délicieux « Cent idées pour lui dire : Je t’aime ». Il a choisi la meilleure (idée). La meilleure (copine) a succombé.
Rendez-vous à Saint Ouen. Maisons de briques en enfilade. Un ou deux étages simplement. Quelques jardins. Entretien moyen. Ils rappellent que des poules y picoraient à la sortie de la guerre. Dans la poussière. Si balançoires, leurs anneaux grincent.
Des impasses conduisent à des ateliers. Il y eut des casquettes sur les fronts dans le coin. Des mégots noircis par la salive aux bords des lippes. Des crayons sur des oreilles de chefs de chantiers. Des pantalons de charpentiers. Des « diables » au bout de bras rigolards. Des blagues entre apprentis qui découvraient la vie à quatorze ans.
Ces maisons, et de petits immeubles, dessinent des rues vaille que vaille, avec du hasard dans le tracé. Leurs piétons n’y font pas que passer. Ils y habitent. Le paysage ne leur a pas échappé quand le siècle a changé. Ils marchent lentement. Ils se parlent au calme. On dirait la ville loin.
Les noms de plusieurs anciennes rues leur sont restés. Notamment celui d’Anselme. Un vrai tempérament, celui là ! De maréchal ferrant ou d’arquebusier ? Qu’importe. Un nom d’avant la politique en tout cas.
Celui de Dieumegarde. Il a du en voir des éclats d’épées faire des étincelles sur son armure. Sous laquelle suait sa bravoure d’homme. Que voulez-vous, il avait promis quelque chose. Il le regrettait à présent. Il se disait « Quelle pipe, je fais ! J’aurais eu meilleur compte à tenir ma langue..» pendant qu’une grêle de coups lui tombait dessus.
La rue Soubise, elle, suggère un nom de famille mésalliée à l’idée qu’un vent de famine puisse toujours surprendre une généalogie vaniteuse. Et dormant peut être les pieds en dehors du lit. Ne jamais faire ça ! Celle des Soupirs, quant à elle, laisse espérer qu’ils furent consentis. Sans mains sur la bouche pour les étouffer.
Bien sûr, on trouvera aussi, à Saint Ouen où je vais, une rue Voltaire. Une Racine. Un peu pompeuses. Mais elles auront eu la sagesse de ne pas débaptiser leurs voisines lors d’un changement de majorité.
On verra les croiser, par conséquent, des sentiers aux parfums de lapins revenus à la casserole avec des feuilles de lauriers. Ou de placides rues des rosiers. Un patronyme qui ne doit rien à personne et qui reste un buisson que chacun peut planter, après tout, n’est-ce pas, mes amis ? Démocratique en somme. On pourrait en chanter l’idée.
Ces rues des glycines, ou du muguet, ces chemins des guetteurs au sommet des collines, aucune inauguration n’aura eu besoin, pour les nommer, de drapeaux ceints sur des poitrines. Ni de sonneries aux morts. Ni de veuves à disputer à une dernière maîtresse effondrée l’honneur du disparu. Qui bien souvent n’était qu’un con. Dont elles voulurent, la légitime et l’autre, qu’on le crut ce qu’il n’était pas forcément : un homme vrai.
Il avait sué sur elles. Elles se lavaient de sa mollesse. Avec la noblesse d’un nom de rue. Il vaudrait bien un blason, pensait l’amante non épousée. Et sa rente.
Embouque-t-on une ruelle comme on baise une intrigante ? Mais non ! On ne se pose jamais la question de son élégance morale, à l’allée dans laquelle on s’enfile : on démarre au feu rouge. Point final. Et puis, mes amis, jamais une rue ne crie.. Si ?
Vous ne faites pas comme ça, vous, mes copains ? Vous cherchez à savoir si par hasard vous ne seriez pas en train de vous fourvoyer ? Après avoir tourné à droite ou à gauche dans une inconnue ? Vous attendez que l’on vous délivre une garantie sur la bonne compagnie de la personne qui la nomme ? Sans blague, vous attendez qu’on vous Klaxonne pour embrayer ? Cela m’étonnerait.
— Nous aussi !
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À la semaine prochaine ?
Jean Sébastien Loygue
http://www.loygue.com/
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Autres blogs :
http://jsloygue.blogspot.com/ - Web vision
http://jsloygue.blogsudouest.com/ - Brèves du Sud
http://jeansebastienloygue.blogs.courrierinternational.com/ - Croquis
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Wikipedia
— Fond de fût arrondissait ses yeux.
Je pense qu’il sera toujours là à semer la bonne graine de sa joie avec les petites roues bienheureuses au vélo d’enfant qu’il a dans la tête. Rafraîchissant !
— Pied de Vigne s’y prenait à deux mains pour écarter ses mèches..
Je l’ai rencontré en plein été. Il venait enfin de pleuvoir trois gouttes sur Paris. Après une semaine de canicule. Les regards étaient lavés.
— Mais sa voix ? Demandait Pied de Vigne, habitué à ce que je rencontre les gens d’abord par téléphone..
Une voix perchée de ténor, Pied de Vigne. Argentique comme celles des basques, flanelle rouge à la ceinture. Cornes au ras du cul dans une volte. Cambrure. Soleil. Corrida.
Une voix qui soulève la cape. Masque l’épée. Punit la bête. Une voix d’éblouissant beau temps. Une voix que récompense la « Présidence » avec une oreille. Un flot d’orgueil brandi dans le soleil.
Une voix qui fait les maestros immobile, Pied de Vigne, « Arrêt sur image ». Ou demis d’ouverture insaisissables.
Ils ont "évité" juste avant qu’un troisième ligne ne les découpe. Ou qu’un Miura ne les ait fait voler par dessus la talanquère. Derrière celle-ci le chirurgien opère sur du sable en urgence. Sol y sangre !
Soit, mes amis : du soleil et du rare. Sous un ciel qui fait tituber. Qui assomme. Brouhaha d’applaudissements. De peurs. De rumeurs et de veuves en pleurs. Le taureau vient d’entrer sur la piste. Terreur !
Oui, il a des résonateurs de passéos dans les fosses nasales, mon novillero. Un son irisant. Il est insolent. Le bonheur est dans son effronterie d’espérer. Il n’a jamais entendu parler du fond des pots que l’on racle avec amertume. Ni de la nostalgie. Il est jeune !
D’abord, je l’entends. Il est si heureux de me raconter ce qu’il fait ! Moi de l’écouter. A-t-il besoin de quelqu’un pour se développer ?
Son idée ? Découper les budgets de com interne – habituellement dilapidés lors d’une manifestation tapageuse annuelle – en micro instants de bonheur. Des tutoiements relationnels au lieu d’un fourvoiement grandiloquent. Idée simple, n’est-ce pas ?
Il travaille sur ce projet avec sa copine. Conquise après qu’il eût publié un livre délicieux « Cent idées pour lui dire : Je t’aime ». Il a choisi la meilleure (idée). La meilleure (copine) a succombé.
Rendez-vous à Saint Ouen. Maisons de briques en enfilade. Un ou deux étages simplement. Quelques jardins. Entretien moyen. Ils rappellent que des poules y picoraient à la sortie de la guerre. Dans la poussière. Si balançoires, leurs anneaux grincent.
Des impasses conduisent à des ateliers. Il y eut des casquettes sur les fronts dans le coin. Des mégots noircis par la salive aux bords des lippes. Des crayons sur des oreilles de chefs de chantiers. Des pantalons de charpentiers. Des « diables » au bout de bras rigolards. Des blagues entre apprentis qui découvraient la vie à quatorze ans.
Ces maisons, et de petits immeubles, dessinent des rues vaille que vaille, avec du hasard dans le tracé. Leurs piétons n’y font pas que passer. Ils y habitent. Le paysage ne leur a pas échappé quand le siècle a changé. Ils marchent lentement. Ils se parlent au calme. On dirait la ville loin.
Les noms de plusieurs anciennes rues leur sont restés. Notamment celui d’Anselme. Un vrai tempérament, celui là ! De maréchal ferrant ou d’arquebusier ? Qu’importe. Un nom d’avant la politique en tout cas.
Celui de Dieumegarde. Il a du en voir des éclats d’épées faire des étincelles sur son armure. Sous laquelle suait sa bravoure d’homme. Que voulez-vous, il avait promis quelque chose. Il le regrettait à présent. Il se disait « Quelle pipe, je fais ! J’aurais eu meilleur compte à tenir ma langue..» pendant qu’une grêle de coups lui tombait dessus.
La rue Soubise, elle, suggère un nom de famille mésalliée à l’idée qu’un vent de famine puisse toujours surprendre une généalogie vaniteuse. Et dormant peut être les pieds en dehors du lit. Ne jamais faire ça ! Celle des Soupirs, quant à elle, laisse espérer qu’ils furent consentis. Sans mains sur la bouche pour les étouffer.
Bien sûr, on trouvera aussi, à Saint Ouen où je vais, une rue Voltaire. Une Racine. Un peu pompeuses. Mais elles auront eu la sagesse de ne pas débaptiser leurs voisines lors d’un changement de majorité.
On verra les croiser, par conséquent, des sentiers aux parfums de lapins revenus à la casserole avec des feuilles de lauriers. Ou de placides rues des rosiers. Un patronyme qui ne doit rien à personne et qui reste un buisson que chacun peut planter, après tout, n’est-ce pas, mes amis ? Démocratique en somme. On pourrait en chanter l’idée.
Ces rues des glycines, ou du muguet, ces chemins des guetteurs au sommet des collines, aucune inauguration n’aura eu besoin, pour les nommer, de drapeaux ceints sur des poitrines. Ni de sonneries aux morts. Ni de veuves à disputer à une dernière maîtresse effondrée l’honneur du disparu. Qui bien souvent n’était qu’un con. Dont elles voulurent, la légitime et l’autre, qu’on le crut ce qu’il n’était pas forcément : un homme vrai.
Il avait sué sur elles. Elles se lavaient de sa mollesse. Avec la noblesse d’un nom de rue. Il vaudrait bien un blason, pensait l’amante non épousée. Et sa rente.
Embouque-t-on une ruelle comme on baise une intrigante ? Mais non ! On ne se pose jamais la question de son élégance morale, à l’allée dans laquelle on s’enfile : on démarre au feu rouge. Point final. Et puis, mes amis, jamais une rue ne crie.. Si ?
Vous ne faites pas comme ça, vous, mes copains ? Vous cherchez à savoir si par hasard vous ne seriez pas en train de vous fourvoyer ? Après avoir tourné à droite ou à gauche dans une inconnue ? Vous attendez que l’on vous délivre une garantie sur la bonne compagnie de la personne qui la nomme ? Sans blague, vous attendez qu’on vous Klaxonne pour embrayer ? Cela m’étonnerait.
— Nous aussi !
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À la semaine prochaine ?
Jean Sébastien Loygue
http://www.loygue.com/
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