
Suite du précédent épisode de « Dieu sera Web ! »..
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Un personnage marque cette année 2001 : Yahya El Mir.
Agency One ferme donc ses portes à Paris.
UWellCom devient mon nouveau partenaire.
Andalusia O’Flaherty et Marco Del Carnaval, ses créateurs avec Jérôme Badaboum, ont tout compris du marketing interactif et multi canal depuis le début d’Internet. Et voilà que le haut débit, à partir de 2003, leur donne enfin raison d’avoir entrepris.. Je les rejoins à ce moment là. Mon contact est Andalusia. Je le dois à mon ami Yahya El Mir, avec qui nous avons chassé au sortir de la déconfiture d’Agency One France. Ce qui me vaudra de lui devoir beaucoup pour beaucoup d’ans..
Au prénom exotique d’Andalusia, cambré, allumé sous un soleil qui fait péter des boutons dorées sur des rubans rouges, à ce prénom dont la nuque est fière et les cheveux de jais mi longs, à ce nom d’Andalusia, Pied de Vigne et Fond de fût chantonnent : « Nous pourrions, nous aussi, inventer des prénoms aussi séduisants.. C’est autrement plus facile que de forger des alambique à paraphrase ou des bicyclettes à galimatias.. » Ils sont un peu jaloux, quoi !
Pourtant, c’est vrai qu’elle s’appelle Andalusia, ma nouvelle boss. Et que je l’entends avant que je ne la voie. Nous avons débrouillé les termes du contrat d’abord au téléphone. Ce que je ressens est si vif que je vous le livre, mes amis, cru comme perçu. Même si, on le verra, la personne n’épouse en rien l’idée espagnole que son prénom fait rêver d’enlever à cheval..
Ce qui me vient dans le casque, d’abord, est le cristallin d’un cœur écorché de blonde, au contraire. Un ongle (un oncle ?) l’aurait rayée ?
J’imagine une commissure à des lèvres de honte tue. Je me dis : salaud de prêcheur ! J’entends un dialogue :
— Tu ne diras rien ?
— Je ne dirai rien..
— Il fallait survivre, tu comprends ?
Andalusia comprend, s’amure de chasteté. Se réfugie des hommes de la méharée depuis l’Atlantique jusqu’à ce que murmure le Pacifique aux oreilles d’Il était une fois dans l’Ouest..
*
Enfin, maintenant je la vois vraiment.. L’oncle abusif a disparu. Elle n’est pas seule. Ma belle américaine est escortée par un cavalier au ventre affamé. Par un homme de promesses tenues. De troupeaux qu’on lui vole et qu’il reprend à coups de fusil, qu’il revend de l’autre côté des Etats du sud.
Il a un visage puissant, le cow boy d’Andalusia. Son front attend des cornes de taureau brave. Sa bouche a moins appris à embrasser qu’à sucer le venin d’un serpent sur une plaie d’ami que l’on sauve. Avec au dessus, en haut des pommettes, à l’ombre de son stetson, des yeux en gros plans pendant le générique du western.
Du sable et des éperons. Des étoiles dans le bleu du regard. Tout cela perché sur de hautes échasses d’homme. L’élégance nécessaire au port des colts qu’il dégaine au ralenti sur la bande annonce.
Ce qu’a de familier avec les bêtes, Jacques Jack, est un cuir tanné comme celui d’espèces ne devant leur survie qu’à leurs noix.
Il y a de l’Arizona dans le bronzage grand teint dont est faite la couenne hâlée de son visage. Ce n’est pas un effet halogène qui le brunit.
Il doit avoir l’urine forte, ce Jacques Jack, magnifique et féroce. Son œil me perce pendant notre premier entretien. Jusqu’à ce qu’il arbore un sourire tombé sur lui comme d’une étoile..
*
Alors, jaillit une amitié tendre entre hommes de grands chemins. Jusqu’à ce qu’il remonte en selle. Jusqu’à ce que son chapeau claque à sa botte. Avant qu’il ne salue, du haut de son cheval Andalusia la belle. La blonde élancée. La faussement fragile n’apparaissant qu’à l’affiche de productions où la fin verra son amour gagner le combat des indéfrisables contre le vent et la poussière du désert..
*
Avant notre meeting j’attendais à l’accueil de UWellCom. Elle apparaît soudain. Je devine que c’est elle. Elle même intuite que son « cold caller » est bien le vieil indien qui a déposé les armes de ses ancêtres.
Reste un parapluie de berger qui ne trompe personne.. Nous en parlerons plus tard. Une étrange cravate invendue en dépasse.. On verra pourquoi tout à l’heure.
Elle est incroyablement svelte. Balançoire. Enfantine. Beaucoup de l’énergie de Bjorg. Des yeux fendus comme ceux de la chanteuse Hollando-Inuite. Le tout, dans un paquet sous cellophane au rayon des cadeaux de Noël Barbie US.
Quel âge a-t-elle ? Trente cinq, six, sep, ou huit ans ? Pantalon élégant. Fesses rondes. Mais presque invisibles tellement la coupe et le tissu sont là pour ne pas mouler. Le ventre est plat. « Touche pas », dit-il. Les seins sont rares. « Va boire ailleurs ! ». Elle ne donne pas à téter dans la séduction. La gourde suffira. Le savoir des sources suppléera.
Une arrogance de véritable héroïne, de coureuse de canyons qui sait se déguiser en princesse le clap d’après. Qui assume ses courages. Sans trahir son ambition : foncer, vivre, élever sa tribu dans cet élan. Aimer un beau mec chaleureux. Pousser roulotte pendant le franchissement des Rocheuses. Planter son camp en Californie. Etendre son empire. Chérir, puis mourir les yeux vifs. Avec près d’elle ses petites filles qui la supplient : « Un dernier secret, Mummy ? Avant de partir ? S’il te plaît.. » Celui de la vie...
*
Le couple me reçoit dans la grande salle de réunion où Jacques Jack allonge ses jambes sans fin sur le rebord de la table ovale que marquent ses éperons.. Nous parlons..
Pendant ce temps, Andalusia reste debout, elle. Comme si c’était à lui de se détendre après la journée de conduite épuisante de tant de pattes jusqu’au brasier de broussailles à la nuit.
Elle l’aurait allumé pour eux deux et goûter le soir. En même temps qu’un café qui emporte la gueule. Elle va le lui servir. Moi je suis dans le soupir de ce couple.
*
Quand Andalusia devine que Jack m’agrée, elle vient aussi s’assoire. Nous rapprochons les godets bouillants de nos lèvres. Bientôt ce sera la poêle qui sortira des flammes. Avec des haricots rouges dedans.
Nos cuillères en bois sur lesquelles nos doigts aideront à ce que la bouchée soit pleine. Pour finir, nous raclerons le fond noir du métal avec un éclat arraché de miche où la croûte et la mie nichent.
Mes amis et moi, nous nous séparons sur cette rêverie autour d’un feu..
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À la semaine prochaine ?
Jean Sébastien Loygue
http://www.loygue.com/
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http://jsloygue.blogspot.com/ - Web vision
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Agency One ferme donc ses portes à Paris.
UWellCom devient mon nouveau partenaire.
Andalusia O’Flaherty et Marco Del Carnaval, ses créateurs avec Jérôme Badaboum, ont tout compris du marketing interactif et multi canal depuis le début d’Internet. Et voilà que le haut débit, à partir de 2003, leur donne enfin raison d’avoir entrepris.. Je les rejoins à ce moment là. Mon contact est Andalusia. Je le dois à mon ami Yahya El Mir, avec qui nous avons chassé au sortir de la déconfiture d’Agency One France. Ce qui me vaudra de lui devoir beaucoup pour beaucoup d’ans..
Au prénom exotique d’Andalusia, cambré, allumé sous un soleil qui fait péter des boutons dorées sur des rubans rouges, à ce prénom dont la nuque est fière et les cheveux de jais mi longs, à ce nom d’Andalusia, Pied de Vigne et Fond de fût chantonnent : « Nous pourrions, nous aussi, inventer des prénoms aussi séduisants.. C’est autrement plus facile que de forger des alambique à paraphrase ou des bicyclettes à galimatias.. » Ils sont un peu jaloux, quoi !
Pourtant, c’est vrai qu’elle s’appelle Andalusia, ma nouvelle boss. Et que je l’entends avant que je ne la voie. Nous avons débrouillé les termes du contrat d’abord au téléphone. Ce que je ressens est si vif que je vous le livre, mes amis, cru comme perçu. Même si, on le verra, la personne n’épouse en rien l’idée espagnole que son prénom fait rêver d’enlever à cheval..
Ce qui me vient dans le casque, d’abord, est le cristallin d’un cœur écorché de blonde, au contraire. Un ongle (un oncle ?) l’aurait rayée ?
J’imagine une commissure à des lèvres de honte tue. Je me dis : salaud de prêcheur ! J’entends un dialogue :
— Tu ne diras rien ?
— Je ne dirai rien..
— Il fallait survivre, tu comprends ?
Andalusia comprend, s’amure de chasteté. Se réfugie des hommes de la méharée depuis l’Atlantique jusqu’à ce que murmure le Pacifique aux oreilles d’Il était une fois dans l’Ouest..
*
Enfin, maintenant je la vois vraiment.. L’oncle abusif a disparu. Elle n’est pas seule. Ma belle américaine est escortée par un cavalier au ventre affamé. Par un homme de promesses tenues. De troupeaux qu’on lui vole et qu’il reprend à coups de fusil, qu’il revend de l’autre côté des Etats du sud.
Il a un visage puissant, le cow boy d’Andalusia. Son front attend des cornes de taureau brave. Sa bouche a moins appris à embrasser qu’à sucer le venin d’un serpent sur une plaie d’ami que l’on sauve. Avec au dessus, en haut des pommettes, à l’ombre de son stetson, des yeux en gros plans pendant le générique du western.
Du sable et des éperons. Des étoiles dans le bleu du regard. Tout cela perché sur de hautes échasses d’homme. L’élégance nécessaire au port des colts qu’il dégaine au ralenti sur la bande annonce.
Ce qu’a de familier avec les bêtes, Jacques Jack, est un cuir tanné comme celui d’espèces ne devant leur survie qu’à leurs noix.
Il y a de l’Arizona dans le bronzage grand teint dont est faite la couenne hâlée de son visage. Ce n’est pas un effet halogène qui le brunit.
Il doit avoir l’urine forte, ce Jacques Jack, magnifique et féroce. Son œil me perce pendant notre premier entretien. Jusqu’à ce qu’il arbore un sourire tombé sur lui comme d’une étoile..
*
Alors, jaillit une amitié tendre entre hommes de grands chemins. Jusqu’à ce qu’il remonte en selle. Jusqu’à ce que son chapeau claque à sa botte. Avant qu’il ne salue, du haut de son cheval Andalusia la belle. La blonde élancée. La faussement fragile n’apparaissant qu’à l’affiche de productions où la fin verra son amour gagner le combat des indéfrisables contre le vent et la poussière du désert..
*
Avant notre meeting j’attendais à l’accueil de UWellCom. Elle apparaît soudain. Je devine que c’est elle. Elle même intuite que son « cold caller » est bien le vieil indien qui a déposé les armes de ses ancêtres.
Reste un parapluie de berger qui ne trompe personne.. Nous en parlerons plus tard. Une étrange cravate invendue en dépasse.. On verra pourquoi tout à l’heure.
Elle est incroyablement svelte. Balançoire. Enfantine. Beaucoup de l’énergie de Bjorg. Des yeux fendus comme ceux de la chanteuse Hollando-Inuite. Le tout, dans un paquet sous cellophane au rayon des cadeaux de Noël Barbie US.
Quel âge a-t-elle ? Trente cinq, six, sep, ou huit ans ? Pantalon élégant. Fesses rondes. Mais presque invisibles tellement la coupe et le tissu sont là pour ne pas mouler. Le ventre est plat. « Touche pas », dit-il. Les seins sont rares. « Va boire ailleurs ! ». Elle ne donne pas à téter dans la séduction. La gourde suffira. Le savoir des sources suppléera.
Une arrogance de véritable héroïne, de coureuse de canyons qui sait se déguiser en princesse le clap d’après. Qui assume ses courages. Sans trahir son ambition : foncer, vivre, élever sa tribu dans cet élan. Aimer un beau mec chaleureux. Pousser roulotte pendant le franchissement des Rocheuses. Planter son camp en Californie. Etendre son empire. Chérir, puis mourir les yeux vifs. Avec près d’elle ses petites filles qui la supplient : « Un dernier secret, Mummy ? Avant de partir ? S’il te plaît.. » Celui de la vie...
*
Le couple me reçoit dans la grande salle de réunion où Jacques Jack allonge ses jambes sans fin sur le rebord de la table ovale que marquent ses éperons.. Nous parlons..
Pendant ce temps, Andalusia reste debout, elle. Comme si c’était à lui de se détendre après la journée de conduite épuisante de tant de pattes jusqu’au brasier de broussailles à la nuit.
Elle l’aurait allumé pour eux deux et goûter le soir. En même temps qu’un café qui emporte la gueule. Elle va le lui servir. Moi je suis dans le soupir de ce couple.
*
Quand Andalusia devine que Jack m’agrée, elle vient aussi s’assoire. Nous rapprochons les godets bouillants de nos lèvres. Bientôt ce sera la poêle qui sortira des flammes. Avec des haricots rouges dedans.
Nos cuillères en bois sur lesquelles nos doigts aideront à ce que la bouchée soit pleine. Pour finir, nous raclerons le fond noir du métal avec un éclat arraché de miche où la croûte et la mie nichent.
Mes amis et moi, nous nous séparons sur cette rêverie autour d’un feu..
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Jean Sébastien Loygue
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