vendredi 30 janvier 2009

Les rues..


Suite du précédent épisode de « Dieu sera Web ! »..
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Les rues..
Heureusement il y a une rue Jean Cocteau qui n’a nui à personne. Une autre Francis de Croisset. Au nom étrange car il suggère à la fois grandir et mordre dans un petit pain roulé à l’odeur sans pareille. Une rue Pasteur qui fonde pour longtemps notre admiration..

Mais que dire de celles qui ont perdu leurs noms propres d’origine ? Ceux d’odeurs et de métiers ? Et même de lumières de l’air – comme il en fut pour la rue des brouillards ? Rebaptisée en 1970 d’un non de résistante qui n’avait rien demandé. Parce qu’une des filles de la dame s’était piquée de figurer sur une liste électorale ! Je vous jure que c’est vrai.. Je connais et la rue, et la dame.. J’allais dire la tenancière de ce patronyme..

Que dire de rues décapitées en fanfare ? Pour célébrer un poète qui aurait honte aujourd’hui de son ombre portée sur les iniquités du « petit père des peuples » ?

Que dire des victoires napoléoniennes ? Qui ont détourné des sentes remises au droit en tant qu’avenues. Après avoir raboté leurs tournants. Et oublié qu’elles étaient venues de saveurs. Non de sapeurs !

Que dire d’innombrables médecins qui voulurent devenir célèbres. En même temps qu’ils percevaient le déclin de l’Église et se disaient : « Le goupillon est à l’agonie ; il y a une place à prendre pour de nouveaux mystificateurs. Et puis la souffrance des autres m’emmerde ! » ?

Que dire de Périphérique ? Ah ! Celui-là ! On le retrouve à chaque fois que deux époques se rencontrent. La nouvelle fait semblant de cajoler la suivante. Alors qu’elle l’étrangle..

Et puis que sont devenus les Émile Cordon qui se déguisèrent en bout de ficelle en espérant franchir le nouveau siècle sans attirer l’attention ?

Que dire d’Ardouin qui singeait le preux alors qu’il ne fut peut être qu’un argousin faisant dans son froc ? Que dire de lui dont il ne reste rien. Après qu’on lui ait substitué un obscur conseiller d’état dont l’épouse était influente ?

Que n’ont-ils conservé leurs noms de baptême, ces chemins des hommes qui ont préféré porter les patronymes des orgueilleux qui les inauguraient. Au lieu de préserver leur sens à eux. Celui de ceux qui les cheminaient ?

Par exemple celui des Monte à regret. Pour une ruelle conduisant au gibet ? Celui de Berthe au grand pied - un seul - qui fut aimée malgré son infirmité ? Celui d’Angélique qui sentait la cannelle ? Et celui de Cannelle, sa jumelle, au nom d’esclave et de fruit confit ?

Heureusement, à Saint Ouen, il nous reste d’exquises appellations comme on murmure celle d’inconnues croisées en rêve.

Ainsi de la rue Gourgandine, que j’ai cherchée parce que j’étais en avance à mon rendez vous chez « Instants de bonheur ». Et trouvée parce que j’ai eu de la chance. En même temps qu’elle avait eu la bonté de m’attendre.

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Jean Sébastien Loygue
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vendredi 23 janvier 2009

- David Siboni




De là, je pars voir David Siboni créateur d’une micro entreprise attachante : « Instants de bonheur ». Elle s’appelle comme ça, sa TPE ! Et il ne semble pas prêt à lui changer sa raison sociale. Vous auriez adoré, mes amis..

— Fond de fût arrondissait ses yeux.

Je pense qu’il sera toujours là à semer la bonne graine de sa joie avec les petites roues bienheureuses au vélo d’enfant qu’il a dans la tête. Rafraîchissant !

— Pied de Vigne s’y prenait à deux mains pour écarter ses mèches..

Je l’ai rencontré en plein été. Il venait enfin de pleuvoir trois gouttes sur Paris. Après une semaine de canicule. Les regards étaient lavés.

— Mais sa voix ? Demandait Pied de Vigne, habitué à ce que je rencontre les gens d’abord par téléphone..

Une voix perchée de ténor, Pied de Vigne. Argentique comme celles des basques, flanelle rouge à la ceinture. Cornes au ras du cul dans une volte. Cambrure. Soleil. Corrida.

Une voix qui soulève la cape. Masque l’épée. Punit la bête. Une voix d’éblouissant beau temps. Une voix que récompense la « Présidence » avec une oreille. Un flot d’orgueil brandi dans le soleil.

Une voix qui fait les maestros immobile, Pied de Vigne, « Arrêt sur image ». Ou demis d’ouverture insaisissables.

Ils ont "évité" juste avant qu’un troisième ligne ne les découpe. Ou qu’un Miura ne les ait fait voler par dessus la talanquère. Derrière celle-ci le chirurgien opère sur du sable en urgence. Sol y sangre !

Soit, mes amis : du soleil et du rare. Sous un ciel qui fait tituber. Qui assomme. Brouhaha d’applaudissements. De peurs. De rumeurs et de veuves en pleurs. Le taureau vient d’entrer sur la piste. Terreur !

Oui, il a des résonateurs de passéos dans les fosses nasales, mon novillero. Un son irisant. Il est insolent. Le bonheur est dans son effronterie d’espérer. Il n’a jamais entendu parler du fond des pots que l’on racle avec amertume. Ni de la nostalgie. Il est jeune !

D’abord, je l’entends. Il est si heureux de me raconter ce qu’il fait ! Moi de l’écouter. A-t-il besoin de quelqu’un pour se développer ?

Son idée ? Découper les budgets de com interne – habituellement dilapidés lors d’une manifestation tapageuse annuelle – en micro instants de bonheur. Des tutoiements relationnels au lieu d’un fourvoiement grandiloquent. Idée simple, n’est-ce pas ?

Il travaille sur ce projet avec sa copine. Conquise après qu’il eût publié un livre délicieux « Cent idées pour lui dire : Je t’aime ». Il a choisi la meilleure (idée). La meilleure (copine) a succombé.

Rendez-vous à Saint Ouen. Maisons de briques en enfilade. Un ou deux étages simplement. Quelques jardins. Entretien moyen. Ils rappellent que des poules y picoraient à la sortie de la guerre. Dans la poussière. Si balançoires, leurs anneaux grincent.

Des impasses conduisent à des ateliers. Il y eut des casquettes sur les fronts dans le coin. Des mégots noircis par la salive aux bords des lippes. Des crayons sur des oreilles de chefs de chantiers. Des pantalons de charpentiers. Des « diables » au bout de bras rigolards. Des blagues entre apprentis qui découvraient la vie à quatorze ans.

Ces maisons, et de petits immeubles, dessinent des rues vaille que vaille, avec du hasard dans le tracé. Leurs piétons n’y font pas que passer. Ils y habitent. Le paysage ne leur a pas échappé quand le siècle a changé. Ils marchent lentement. Ils se parlent au calme. On dirait la ville loin.

Les noms de plusieurs anciennes rues leur sont restés. Notamment celui d’Anselme. Un vrai tempérament, celui là ! De maréchal ferrant ou d’arquebusier ? Qu’importe. Un nom d’avant la politique en tout cas.

Celui de Dieumegarde. Il a du en voir des éclats d’épées faire des étincelles sur son armure. Sous laquelle suait sa bravoure d’homme. Que voulez-vous, il avait promis quelque chose. Il le regrettait à présent. Il se disait « Quelle pipe, je fais ! J’aurais eu meilleur compte à tenir ma langue..» pendant qu’une grêle de coups lui tombait dessus.

La rue Soubise, elle, suggère un nom de famille mésalliée à l’idée qu’un vent de famine puisse toujours surprendre une généalogie vaniteuse. Et dormant peut être les pieds en dehors du lit. Ne jamais faire ça ! Celle des Soupirs, quant à elle, laisse espérer qu’ils furent consentis. Sans mains sur la bouche pour les étouffer.

Bien sûr, on trouvera aussi, à Saint Ouen où je vais, une rue Voltaire. Une Racine. Un peu pompeuses. Mais elles auront eu la sagesse de ne pas débaptiser leurs voisines lors d’un changement de majorité.

On verra les croiser, par conséquent, des sentiers aux parfums de lapins revenus à la casserole avec des feuilles de lauriers. Ou de placides rues des rosiers. Un patronyme qui ne doit rien à personne et qui reste un buisson que chacun peut planter, après tout, n’est-ce pas, mes amis ? Démocratique en somme. On pourrait en chanter l’idée.

Ces rues des glycines, ou du muguet, ces chemins des guetteurs au sommet des collines, aucune inauguration n’aura eu besoin, pour les nommer, de drapeaux ceints sur des poitrines. Ni de sonneries aux morts. Ni de veuves à disputer à une dernière maîtresse effondrée l’honneur du disparu. Qui bien souvent n’était qu’un con. Dont elles voulurent, la légitime et l’autre, qu’on le crut ce qu’il n’était pas forcément : un homme vrai.

Il avait sué sur elles. Elles se lavaient de sa mollesse. Avec la noblesse d’un nom de rue. Il vaudrait bien un blason, pensait l’amante non épousée. Et sa rente.

Embouque-t-on une ruelle comme on baise une intrigante ? Mais non ! On ne se pose jamais la question de son élégance morale, à l’allée dans laquelle on s’enfile : on démarre au feu rouge. Point final. Et puis, mes amis, jamais une rue ne crie.. Si ?

Vous ne faites pas comme ça, vous, mes copains ? Vous cherchez à savoir si par hasard vous ne seriez pas en train de vous fourvoyer ? Après avoir tourné à droite ou à gauche dans une inconnue ? Vous attendez que l’on vous délivre une garantie sur la bonne compagnie de la personne qui la nomme ? Sans blague, vous attendez qu’on vous Klaxonne pour embrayer ? Cela m’étonnerait.

— Nous aussi !

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vendredi 16 janvier 2009

5 – Les cyclamens


Suite du précédent épisode de « Dieu sera Web ! »..
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5 – Les cyclamens


Je rentre à ma maison comme chaque soir en sortant de notre atelier. Pour découvrir que chez moi les cyclamens ont poussé d’un coup, à l’ombre de deux tilleuls. Puis d’un arbre de Judée et, autrefois, d’un platane. Ce dernier protégeait le sol du soleil du sud. A dix mètres de la porte « noble » de la ferme. Jusqu’à ce qu’un coup de vent l’abatte.

Avant sa chute, en fin de vie qui l’avait épaissi jusqu’à procurer plus d’ombre que nécessaire, il avait cent ans durant tendu désespérément une branche noueuse et longue à l’horizontal en attente de sa balançoire. Il n’en fut plus privé dès notre arrivée.

Un autre arbre, au bout d’un sentier dans une forêt d’impénétrables épineux avait aussi fait des mines aux pitchouns jusqu’à ce qu’ils le chevauchent : il s’agit de « l’arbre à cheval », un amandier dont le tronc s’était coudé en forme de selle pour que dès quatre ans Memphis et Pauline enfourchent ce qu’ils considérèrent aussitôt comme une connivence de la nature envers leur aventure à eux. Aventure qui serait de grandir heureux puisqu’ils étaient accueillis par d’aussi évidents signes de bienvenue.

On entrait dans notre métairie également par d’anciens chais sur l’arrière donnant accès à deux chambres minuscules. Celles d’une seconde famille dont la cuisine était exilée dans un bâti à l’écart où l’on cuisait aussi bien la pâtée pour les cochons que d’impressionnantes cargolades en même temps que la soupe au rare lard de cette demie maisonnée pauvre.

Deux familles d’un même arbre généalogique, par conséquent, aux branches écartées, vivaient sous le même toit. L’une logeait au sud, l’autre à la lumière froide du nord. La première avait acquit, puis élargi sa demeure et accolé une remise dont elle avait aménagé le premier étage pour les immigrés que furent leurs cousins dans le besoin. Après quelle guerre d’Espagne ou d’Italie ?

On échangea du travail contre le couvert et le pain. Les machineries n’étaient pas encore arrivées pour vider les fermes de leurs généalogies. Elles cohabitaient, tressaient l’ail, naissaient et mouraient dans une même attention portée aux semis et aux nuages. On débroussaillait à la hache encore ; on craignait les maladies, l’humeur contraire des orages. Les manigances des sorcières..

En échange du toit et du brouet, donc, ces cousins apportaient leurs bras aux tâches innombrables d’une petite exploitation du dix neuvième siècle sur peu d’hectares harassants.

Tâches parmi lesquels les soins aux vaches pour le veau et le lait. Aux bœufs pour le trait. Au porc pour tout de lui qui se mange. Mais surtout pour les « primeurs » en contrebas où l’eau du val sinuait.

Ce n’était pas rien que de remonter la « côte de bistanflûte », après une journée passée cassé, des panières pleines au dos. Ni par hasard que le lieu dit s’appelle « Empousse ». Ce qui signifie, selon les interprètes, ou bien « lève le coude » ou bien « il faut y aller ! » L’un pouvant d’ailleurs suivre ou précéder l’autre.

Les partisans de « Lève le coude ! » défendaient leur version avec énergie, le poing sur la hanche dans notre cuisine. Comme accoudés à la légende. Et si l’auditoire tardait à les resservir, ils ouvraient des yeux ronds ainsi que l’eût fait un prêtre à qui son enfant de chœur aurait montré, désolé, que la fiole de « buvez en tous » était vide au moment de l’élévation !

Il pouvait s’agir d’un facteur aguerri en étymologie. D’un rôdeur de champignon aventuré dans un sous bois où nous l’avions surpris. Il s’était dit : « L’ancien propriétaire est mort. Personne ne connaît plus l’emplacement du rond de mousserons sinon moi.. Paf ! Les nouveaux occupants.. aie ! aie ! aie ! Tiens, pour m’en sortir, je vais leur raconter Bistanflûte ».

Ces futés élevaient le calice en verre dépoli que nous leur avions tendu plein de vin violet. Ils y cherchaient des transparences. Ils en léchaient les apparences jusqu’à la dernière goutte si sombre qu’à la limite une plume y aurait pu plonger avant de revenir au cahier enfiler des « rondes » joliment séparées par des hampes. Ils péchaient des souvenirs où la liqueur avait montré sa jambe.

Ils n’en finissaient pas de se rappeler leur vie d’avant que nous l’habitions.. « Et le cabanon détruit, à cent mètres de chez vous à peine, vous voyez ? »

Non, nous ne voyions rien. « Mais si, juste au sommet du coteau ». Pardi ! Un talus envahi par les genets nous en séparait. Et puis trois cèdres géants dans lesquels nos garnements construisaient leurs affûts à fille..

Les assoiffés de généalogies propitiatoires aux libations retournaient leur verre vide dans l’espoir que nous les remplissions à nouveau et poursuivaient : « Vous savez ce que nous y faisions ? » Pour un nouveau godet, ils nous auraient raconté la guerre de cent ans.

*


Les cyclamens ont donc poussé à l’ombre de deux tilleuls, de l’arbre de Judée et du platane à terre. « Crack ! » Du coup débité en bûches.

Il s’agit de fleurs basses, modestes, discrètes. Confidentes. Leur rose est presque transparent. Sensibles au soleil, ils avaient fait retraite sous les tilleuls. Eux-mêmes respiraient mieux après la disparition de leur voisin goulu de lumière, le platane.. En attendant le regain de leur ombre, les cyclamens gracieux, on n’en voyait plus guère.

Cela prend des années de grandir pour des tilleuls qui soudain ont de la place. Si bien qu’en attendant de profiter de l’éclaircie inespérée, les cyclamens s’étiolèrent un temps. Comme un tapis s’effiloche à force que trop de bottes éperonnées l’aient arpenté. Miroir aidant. Devant lequel plusieurs générations de spadassins auraient vérifié la rebique de leur moustache. Le frisement de leurs regards à donzelles. Le tombé de leur pertuisane à la hanche. L’inclinaison de leur chapeau à plumes de faisan. Si vous ne voulez pas qu’un beau tapis se perde, placez vos psychés au dessus d’un sol carrelé. Ou bien déséperonnez vos visiteurs à l’entrée.

Une commune et un peu rase et bête herbe les remplaça donc.

Mais les temps sont amis de l’attente. Longtemps après les tilleuls se ramifièrent. Leur grâce se réempara du sol. Leurs fleurs à pistils clochetés entre des pétales longs revinrent plus nombreuses.

Leurs feuilles ont une forme d’as de pique vert pâle. Entre elles, d’étroites sagaies jaillissent avec, au bout, les petites boules que nos grands-mères ébouillantaient pour nous aider à dormir.

Les délicats cyclamens, de leur côté, se trouvèrent bien de cette retenue fraternelle à eux. Ils furent heureux au ras de la terre avec le peu d’effet qu’ils se permettent au bout de leurs courtes tiges. Ils recueillirent à nouveau le soleil tamisé qui s’approchait d’eux comme la brume arrose à peine.

Au bout du compte, dans l’harmonie du cyclamen et des tilleuls on retrouva une pacifique occupation de l’espace qui fait l’arbre « prendre la lumière », comme on dit au cinéma. Et en rendre un brouillard aux fleurs qui n’attendaient que cela pour se multiplier.

Elles se retrouvaient enfin à l’abri d’une bienveillance à laquelle elles se rendirent avec le rose gracieux de leurs pétales semblables aux parures indiennes en forme de flammes.

Mais, entendons nous bien, il s’agit de petits chefs et de courtes tribus : cinq plumes par tête, pas une de plus. Symboles de bravoure, elles s’arrêtent au modeste héroïsme de vivre sans trop de batailles à l’abri d’un arbre à tisanes.

Dix ans après la disparition du platane, le soleil du soir rasait donc à nouveau le semis persillé de ces fleurs minuscules qui avaient fleuri d’un coup. Le long des rayons du crépuscule venus s’étendre là, semer leur or.

Pour bien faire, quelques touffes de colchiques faisaient péter leurs calices allongés d’un jaune guilleret. Dans l’élan presque vertical de feuilles menues. Mais longues. Dont le vert rappelle la peau brillante de grenouilles minuscules qui « luthent ».

Peut être est-ce cette paix qu’entendent mes interlocutrices quand je leur dis « Bonjour.. »
Et qu’elles répondent si souvent : « Ouiiiiiiiii ! »

6 - Instants de bonheur

Quelques jours plus tard, nous mettions la dernière main à la plus récente invention de Pied de Vigne : le dévidoir à anachorètes. Qui, comme son nom le suggère favorise le transit des psalmodies.

Mes amis me demandent les raisons de ma dernière disparition à Paris. Voisine pour eux de l’évaporation pur et simple. Je dois m’expliquer.

Revenons à mon job, mes chers amis. Il a quelque chose de frustrant que je ne vous ai pas encore dit. S’il ne s’agit que de faire consentir des « Ouiiiii… » à une onde, « Ouiiiiii, on se verra, tel jour telle heure.. ». S’il n’y a rien d’expert, chez le « cold caller », derrière ce talent minuscule, ne reste que l’imposture du « souffleur de juments ». Vous ne trouvez pas ?

— Tss ! Tss ! Tss ! Font mes amis, réprobateurs.

Il parle à l’oreille de ces dames, cet homme, n’est-ce pas ? Il ménage sa danse à l’étalon. Vous le savez, Fond de fût, Pied de Vigne, je n’honore aucun de mes rendez vous..

— Lamentation du soufflet.

Vous comprendrez que je supporte mal, dès lors, que nous échangions si peu d’intelligence métier, UWellCom et moi. Mes amis le comprennent. Je demande. J’insiste. J’importune. Mais on m’envoie au bain. Donc je ne suis pas content par ce que, au-delà du charmeur, je ne suis pas compétent.

— Désolation de la forge.

Montée donc à Paris pour me donner des choix. Parmi mes entretiens, un dialogue ultra bref avec le nouveau PDG de Neurônes, Antoine Shpountz.. Je vous le raconte parce que je l’adore.

Quand Antoine Shpountz m’a vu, sa mâchoire est descendue d'un cran. « C'est quoi, ce vieux ? ». Il ne m’avait jusqu’alors qu’entendu.. Le reste fut bref et drôle. A peine assis, j’avais compris que nous n’aurions rien à nous dire.

Il faisait très beau dehors. Je venais de sauver des eaux une abeille. Elle bataillait au milieu d’une mare décorant le jardinet au pied du bâtiment. Pour ce faire, j’avais tourné autour du petit étang. J’avais ramassé un long bois mort. Je l’avais tendu le plus loin possible. L’abeille épuisée s’y était accrochée. Je l’avais reposée sur l’herbe. J’aurais bien aimé vérifier qu’elle se remettait.. En même temps me revenaient deux vers d’une lecture : « Je pose ma main sur sa cuisse chaude, son genou frissonnant et mon cou plein d’abeilles.. »

Je me levais donc pour partir. Et bien, figurez vous qu’Antoine Shpountz n’a pas aimé du tout. Il a ses procédures à lui, comprenez vous. Il a tenu à ce que ce soit lui qui me dise « non » et me mette à la porte. Il y a des gens comme ça : ils ne supportent pas qu'on les quitte avant qu'ils ne vous aient dit "Tout est fini entre nous! »

Je garde un souvenir délectable d’une situation si comique, et de cette sorte de moraine dont un glacier aurait laminé le sourire : sa gueule !

— Fond de fût se grattait le cul.

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vendredi 9 janvier 2009

Agency One ferme donc ses portes à Paris.


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Un personnage marque cette année 2001 : Yahya El Mir.

Agency One ferme donc ses portes à Paris.
UWellCom devient mon nouveau partenaire.

Andalusia O’Flaherty et Marco Del Carnaval, ses créateurs avec Jérôme Badaboum, ont tout compris du marketing interactif et multi canal depuis le début d’Internet. Et voilà que le haut débit, à partir de 2003, leur donne enfin raison d’avoir entrepris.. Je les rejoins à ce moment là. Mon contact est Andalusia. Je le dois à mon ami Yahya El Mir, avec qui nous avons chassé au sortir de la déconfiture d’Agency One France. Ce qui me vaudra de lui devoir beaucoup pour beaucoup d’ans..

Au prénom exotique d’Andalusia, cambré, allumé sous un soleil qui fait péter des boutons dorées sur des rubans rouges, à ce prénom dont la nuque est fière et les cheveux de jais mi longs, à ce nom d’Andalusia, Pied de Vigne et Fond de fût chantonnent : « Nous pourrions, nous aussi, inventer des prénoms aussi séduisants.. C’est autrement plus facile que de forger des alambique à paraphrase ou des bicyclettes à galimatias.. » Ils sont un peu jaloux, quoi !

Pourtant, c’est vrai qu’elle s’appelle Andalusia, ma nouvelle boss. Et que je l’entends avant que je ne la voie. Nous avons débrouillé les termes du contrat d’abord au téléphone. Ce que je ressens est si vif que je vous le livre, mes amis, cru comme perçu. Même si, on le verra, la personne n’épouse en rien l’idée espagnole que son prénom fait rêver d’enlever à cheval..

Ce qui me vient dans le casque, d’abord, est le cristallin d’un cœur écorché de blonde, au contraire. Un ongle (un oncle ?) l’aurait rayée ?

J’imagine une commissure à des lèvres de honte tue. Je me dis : salaud de prêcheur ! J’entends un dialogue :

— Tu ne diras rien ?
— Je ne dirai rien..
— Il fallait survivre, tu comprends ?

Andalusia comprend, s’amure de chasteté. Se réfugie des hommes de la méharée depuis l’Atlantique jusqu’à ce que murmure le Pacifique aux oreilles d’Il était une fois dans l’Ouest..

*

Enfin, maintenant je la vois vraiment.. L’oncle abusif a disparu. Elle n’est pas seule. Ma belle américaine est escortée par un cavalier au ventre affamé. Par un homme de promesses tenues. De troupeaux qu’on lui vole et qu’il reprend à coups de fusil, qu’il revend de l’autre côté des Etats du sud.

Il a un visage puissant, le cow boy d’Andalusia. Son front attend des cornes de taureau brave. Sa bouche a moins appris à embrasser qu’à sucer le venin d’un serpent sur une plaie d’ami que l’on sauve. Avec au dessus, en haut des pommettes, à l’ombre de son stetson, des yeux en gros plans pendant le générique du western.

Du sable et des éperons. Des étoiles dans le bleu du regard. Tout cela perché sur de hautes échasses d’homme. L’élégance nécessaire au port des colts qu’il dégaine au ralenti sur la bande annonce.

Ce qu’a de familier avec les bêtes, Jacques Jack, est un cuir tanné comme celui d’espèces ne devant leur survie qu’à leurs noix.

Il y a de l’Arizona dans le bronzage grand teint dont est faite la couenne hâlée de son visage. Ce n’est pas un effet halogène qui le brunit.

Il doit avoir l’urine forte, ce Jacques Jack, magnifique et féroce. Son œil me perce pendant notre premier entretien. Jusqu’à ce qu’il arbore un sourire tombé sur lui comme d’une étoile..

*

Alors, jaillit une amitié tendre entre hommes de grands chemins. Jusqu’à ce qu’il remonte en selle. Jusqu’à ce que son chapeau claque à sa botte. Avant qu’il ne salue, du haut de son cheval Andalusia la belle. La blonde élancée. La faussement fragile n’apparaissant qu’à l’affiche de productions où la fin verra son amour gagner le combat des indéfrisables contre le vent et la poussière du désert..

*

Avant notre meeting j’attendais à l’accueil de UWellCom. Elle apparaît soudain. Je devine que c’est elle. Elle même intuite que son « cold caller » est bien le vieil indien qui a déposé les armes de ses ancêtres.

Reste un parapluie de berger qui ne trompe personne.. Nous en parlerons plus tard. Une étrange cravate invendue en dépasse.. On verra pourquoi tout à l’heure.

Elle est incroyablement svelte. Balançoire. Enfantine. Beaucoup de l’énergie de Bjorg. Des yeux fendus comme ceux de la chanteuse Hollando-Inuite. Le tout, dans un paquet sous cellophane au rayon des cadeaux de Noël Barbie US.

Quel âge a-t-elle ? Trente cinq, six, sep, ou huit ans ? Pantalon élégant. Fesses rondes. Mais presque invisibles tellement la coupe et le tissu sont là pour ne pas mouler. Le ventre est plat. « Touche pas », dit-il. Les seins sont rares. « Va boire ailleurs ! ». Elle ne donne pas à téter dans la séduction. La gourde suffira. Le savoir des sources suppléera.

Une arrogance de véritable héroïne, de coureuse de canyons qui sait se déguiser en princesse le clap d’après. Qui assume ses courages. Sans trahir son ambition : foncer, vivre, élever sa tribu dans cet élan. Aimer un beau mec chaleureux. Pousser roulotte pendant le franchissement des Rocheuses. Planter son camp en Californie. Etendre son empire. Chérir, puis mourir les yeux vifs. Avec près d’elle ses petites filles qui la supplient : « Un dernier secret, Mummy ? Avant de partir ? S’il te plaît.. » Celui de la vie...

*

Le couple me reçoit dans la grande salle de réunion où Jacques Jack allonge ses jambes sans fin sur le rebord de la table ovale que marquent ses éperons.. Nous parlons..

Pendant ce temps, Andalusia reste debout, elle. Comme si c’était à lui de se détendre après la journée de conduite épuisante de tant de pattes jusqu’au brasier de broussailles à la nuit.

Elle l’aurait allumé pour eux deux et goûter le soir. En même temps qu’un café qui emporte la gueule. Elle va le lui servir. Moi je suis dans le soupir de ce couple.

*

Quand Andalusia devine que Jack m’agrée, elle vient aussi s’assoire. Nous rapprochons les godets bouillants de nos lèvres. Bientôt ce sera la poêle qui sortira des flammes. Avec des haricots rouges dedans.

Nos cuillères en bois sur lesquelles nos doigts aideront à ce que la bouchée soit pleine. Pour finir, nous raclerons le fond noir du métal avec un éclat arraché de miche où la croûte et la mie nichent.

Mes amis et moi, nous nous séparons sur cette rêverie autour d’un feu..
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lundi 5 janvier 2009

Yahya El Mir..


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Un personnage marque cette année 2001 : Yahya El Mir..

— Et si je vous le faisais dans le style banlieue difficile ?
— Oui ! Vas-y, joue le nous sur le grand air de la Caïra..
— On y va !

L’El Mir ami que j’ai

— Vous allez rire, j’ai un copain qui s’appelle Yahya El Mir.
— Pourquoi ce serait drôle ?
— Parce qu’il ressemble à Jamel !
— Ah! là, peut être. Mais t’es sûr qu’il fait rire, ton copain ? Parce que Jamel, avec son bras en moins, s’il n’est pas drôle, hein ? Je veux dire qu’il fait pas se marrer par principe....
— C’est pas drôle..
— Exactement !
— Yahya, lui, il est marrant !
— Continue, je te promets : on ne va pas se retenir.
— Arrêtez ! c’est sérieux !
— Il faudrait savoir ce que tu veux..

On n’en sortait pas. Alors je leur ai raconté Yahya, par le menu. D’abord par ce qu’il est : arabe, pour commencer. On s’en doutait. Moche de chez moche, n’était son sourire. Nain de chez nain pour finir.

Avec ce qu’ont de rentré les petits qui se voudraient du bien à eux mêmes. Mais assez peu pour vous si vous les toisez. Ce qui arrive. Suffit de se pencher.

Suffit qu’ils lèvent la tête au même moment. Qu’ils aient l’air de demander ce que vous leur voulez. Que vous ayez celui de leur consentir quelque chose.

— Mais non, je te jure que je ne te méprise pas !
— Alors pourquoi tu me regardes de haut ?
— Je te regarde d’où je suis.
— C’est bien ce que je disais..

En plus, quand vous « chopez » (draguer avec succès dans le sud ouest ) en une seule soirée, il leur faut à eux, les petits, des éternités d’intelligence pour vous faire cocu ! J’en ai rencontré qui m’ont avoué à la fin de leur vie de séducteurs :

— J’avais un frère, beau comme un Dieu et grand comme un goéland. Il me mettait quinze jours dans la vue. Après quoi je les lui piquais toutes. Tu penses si je sortais avec lui : il aiguisait les couteaux.. Ce ne sont pas toujours ceux qui les passent à la meule qui s’en servent le mieux..

D’autres parlaient en années. Les plus démunis en savoir faire rire s’exprimaient en diplômes. Avec Médecine ou l’ENA, disaient-ils, ça le faisait. J’ai fréquenté des dentistes et des banquiers gnomes. Ils avaient épousé des femmes longues comme des appels du pied sous la table de niaises lors d’un dîner à l’Élysée..

— Tu pars dans la déconne..
— ??!!
— Allez reviens à Yahya..

Je suis revenu à Yahya. J’ai dit moche. Ils m’ont répondu : « Tu l’as déjà souligné ! » J’ai déroulé : Yahya est né pauvre, comme Jamel. D’une femme forte et d’un père calme. Tous deux analphabètes en français.

Pas bêtes pour autant. Le côté analpha me choque, avant bête dans le mot. Comme si l’on était imbécile de ne savoir qu’obéir aux descendants de crétins qui ont appris à écrire ver solitaire..

— Et Yahya ?
— J’y arrive..
— T’es sûr ?

Mais si, j’y étais ! Dans la Cité de mon pote, même pas en région parisienne. Plus glauque. Dans le Nord ! Un coin perdu sans réputation. Un trou noir du bonheur avalé jusqu’à sa lumière !

Une barre. Vingt étages. Un appartement au milieu de trois cents ! Avec autant de rats, d’oiseaux de proie rois des poubelles. Avec les renards. Les chiens jetés par les fenêtres des autos. Les hamsters dans leurs roues sans manger. Les oiseaux abandonnés cages closes en été. Camping aidant. Ou DASS. Ou tôle.

Trois sœurs agressives parce qu’elles ont compris qu’en venant en France elles échapperaient aux idées que se font les musulmans de leur assagissement à coup de « Fais la vaisselle et t’habille pas comme ça.. Dieu te voit !!! ». Vous voyez la qualité des assonances ?

En plus, je me demande ce qu’elles devaient penser d’un Dieu qui regarderait sous leurs jupes ? Ajoutez un petit frère qui déconnera bientôt.. Il était plutôt mal barré, mon Yahya ami que j’ai, croyez pas ?

Faire vite. Réussir sa vie comme ses frangines. Sauver le petit frère.. Tout cela il l’intègre. Il a quoi ? Dix ans ? Douze ? En rêvant sur son balcon minuscule. De derrière la fenêtre (en hiver, parce que dès le beau temps le linge qui sèche cache la vue de quelques arbres et taudis)..

— Des arbres pour des pendus ?
— ??!!
— Allez, continue !

Il voit quoi, sous la pluie mon Yahya ami que j’ai ? La tour d’en face, bien sûr. Et en bas ? La petite rue qui sépare sa Cité d’un lotissement !

— Wahoo ! Lotissement ! T’as de ces mots !
— Oui ! Une maison, figure-toi. Un clôt, un portail, un chien, un cerisier et un garage où on pourra réinventer l’avion..
— Il se dit quoi, voyant ça, le Yahya ami que t’as ?
— Quand je serai grand (sic) je l’offrirai à papa !
— Le cadeau !!
— Que croyez vous qu’il arrivât ?
— Il serait temps que tu nous le dises, il y a le bus qui arrive..
— Et bien voilà :

Yahya a fait des études par correspondance avec des « Vos gueules » à ses sœurs si elles parlaient fort. Et les « Arrête de faire le con » à son frère qui ne savait pas s’il devait filer chez son dealer ou les frères musulmans pour devenir un homme. Coke ou bombe, pas fixé.

— Tu te grouilles ?
— Yahya, il vient de créer « Clicmobile.fr ». Vous tapez 0899 65 55 65 sur votre portable, vous importez une ambiance et vous appelez qq en lui faisant croire que vous êtes dans un car de police, un aéroport.. etc. Il a créé son affaire gag !
— Tu nous rassures, on espérait rire !
— Tiens par exemple, tu peux avoir un troupeau de chèvres..
— Un troupeau de chèvres ?
— Oui, Bon, imagine, tu es ma fiancée ,
— Sans blague !?
— Pour de rire.. Je t’appelle et tu entends les chèvres « Bèèè, Bèèè »
— ??!!
— Hé ! Tu dis quoi quand tu entends ça dans ton téléphone ?
— Ben..
— En plus, je suis en retard..
— Ben, je sais pas, moi, je te demande : « Qu’est-ce que tu fais avec ces chèvres ?? »
— Exactement ! Et tu sais ce que je te réponds ?
— ???
— Je te réponds : « Comment, qu’est-ce que je fais ? »
— Ben oui, qu’est-ce que tu fais ?
— Je traie ! Avec des chèvres tu fais quoi, toi ?
— Bèèè .. Bèèè..

Pendant que le bus ouvrait ses portes, mes potes m’ont redemandé le numéro de téléphone de clicmobile avec lequel on peut faire croire qu’on braque une banque. Je le leur ai indiqué l’url du site de mon Yahya ami que j’ai : http://www.clicmobile.fr/fr/about/about.php
et je suis revenu à l’essentiel.

— Quel essentiel ?
— Votre ticket siouplaît, demandait le conducteur..
— L’histoire de la rêverie de Yahya sur son balcon.. Vous vous rappelez ? Quand il regardait la maison d’en bas. De l’autre côté de la rue. Avec son jardinet. Son garage. Le cerisier et le chien ?
— Oui, et alors ?
— Alors, j’attends toujours vos tickets ! s’est impatienté le conducteur..
— Il l’a achetée !
— Et son père est dedans ?
— Et sa mère. Et les enfants de ses sœurs quand elles reviennent..
— Alouette ?
— Somme toute !
— Alors, aucun chien ne serait plus jeté par la fenêtre ?
— Aucun !
— Aucun hamster ne tournerait sa roue sans câlin ?
— Aucun !
— Aucun serin ne serait abandonné dans sa cage close en été ?
— Pas un !
— Et les rats diraient : « Vous permettez qu’on regarde dans votre tri sélectif s’il ne reste rien pour les rats Grébins de la tour d’en face ?»

On a donné nos tickets. Le chauffeur avait eu peur. Faut voir nos gueules ! Son chauffage ne marchait pas. Il faisait très froid dans son bus. Et très nuit. On était seul avec lui. Il criait :

— Chaud, devant ! Chaud !

Je me demande s’il n’avait pas un thermos plein de je sais pas quoi.. ?

Fond de fût et Pied de Vigne voyaient très exactement de quoi il s’agissait

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À la semaine prochaine ?
Jean Sébastien Loygue
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