
Suite du précédent épisode de « Dieu sera Web ! »..
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Depuis pas mal d’années je me demande pourquoi l’homme apparu dans un monde sans ennemis de son espèce a choisi de s’enfoncer dans des fonds de vallées de montagne. Pour y planter. A quarante cinq degré de pente. Les mêmes graines qu’en plaines.
Connaissez vous, mes amis, le nombre d’homo sapiens sapiens en Europe, il y a trente mille ans ?
— Tu vas nous le dire..
— Quatre mille quatre cent !
— Non !
Mes amis levaient un sourcil. Je voyais leurs yeux qui allaient en bas à gauche. Ils vidaient le passé de ses habitants ; voyaient des espaces sans hommes. Des toundras ? Si tu veux ! Des forêts ? Pourquoi pas ? D’un sommet, aucune fumée ne trahira ton frère. Tu n’en as pas ! Tu retournes à ta yourte, grotte, cahute. Les bras en bas. Tu es bien seul, n’est-ce pas ? Tu te serres contre les tiens..
Au fait combien ? Quelques uns ? Trois ? Ou
quatre ? Ou huit ? La dizaine n’a pas été inventée.. Après, pourquoi veux-tu partir ? Tu as l’idée de « l’autre » ? Tu en ressens le besoin ? Tu es pris par la frénésie du frai ? Comme les poissons ?
Mais il ne suffit pas que tu sèmes. Il faut que tu copules. C’est pour ça que tu fais tes bagages ? Avec ta semence dans les couilles ?
Avec ta pieuse ? Qui, comme toi, pue sa rage d’être nombreuse ? A deux, on sera beaucoup, n’est-ce pas ? Et si on n’arrivait pas au bout, au moins que l’enfant prolonge la harde. C’est ça ? Pourvu que ce soit un homme ! J’y suis ? Et qu’il darde ! Ou que gravide elle gémisse…
Mais enfin, tu vas où ? Puisque l’espèce n’existe pas !
— Hé bé..
— Dix mille ans avant JC, le chiffre n’a que peu changé, mes amis : dix mille homme, en vingt mille ans.. !!
— Hé bé..
Mais bon Dieu, pourquoi avoir choisi le transi ? Où il fallait tuer à la lance l’ours blanc pour se vêtir et manger. Ours qui vous fend d’une griffe, après quoi il dévore vos deux moitiés fumantes..
— Bienvenue Alexandra Atamaniouk en pays tempéré ! Concluait Pied de Vigne.
Les prénoms des jeunes femmes d’Afrique du nord sont souvent empesés d’un double sens terrible. Elles sont des enfants, mais voilà que le fardeau de la sagesse les accable au virage de leur innocence. Celui de la gloire à Dieu au plus haut des cieux. Là d’où tombe aussi le feu de pères austères. De frères suspicieux de leur vertu comme le sont les parents adultères. De maris rois de leur culs.
— Ce qui ne mène pas loin ! Commentaient mes amis. Inventeurs, on le sait, de ritournelles à tire d’ailes.
Elles sont à la fois honorées, de s’appeler sagesse de l’Islam. Comme nos moniales s’enivraient de s’entendre dire « Préférées du Seigneur ». Elles sont aussi un peu épouvantées. Elles avaient choisi la liberté. Et voilà qu’au détour d’un baiser. Quelqu’un leur demande : « Il veut dire quoi, le joli prénom que tu as ? »
Elles ne peuvent que répondre : Sagesse de l’Islam.. Mon Dieu, qu’elle est lourde à porter, cette Sagesse de l’Islam - un mot qui veut dire soumission !! Pour une petite fille qui n’en demandait pas tant..
Retour aux sources de la puissance. Celle d’un inconnu que l’on fuyait. Mais il vous rattrape. Il vous élève au rang de défenseur de sa foi folle.
— Tu seras reine, ma fille. Et la dernière de mes vestales !
*
Même le merveilleux prénom de Shéhérazade s’associe à un conte des mille et une nuits où seule l’offrande du rêve à un tyran vous assure la vie..
Ne pas fauter. Ne pas mourir. Raconter. Promettre. Ah ! La gloire ambiguë de s’appeler Shéhérazade ! D’ensoleiller chaque petite étoile dans un œil qui frétille de vous consommer. Et en même temps de vous maudire si vous succombez.
Ah ! Porter le nom de Shéhérazade ! Comme un diadème de votive reniée ! D’agenouillée. D’enchanteresse en camisole. De ravinée de femme..
Ah ! S’appeler Shéhérazade ! Et fuir les talents que l’on vous prête. A condition de les jeter aux pieds de l’homme tout puissant qui vous susurre la voussure. Alors que dans la rue où il ambule, il tient par son petit doigt son ami mâle.. Mais vous trancherait la gorge si vous le traitiez de « Pédé ».
Ah ! S’appeler Shéhérazade ! Dans la cité d’où l’on vous a charriée. Jusqu’au charter du mariage de là bas dis ! Et vous y êtes allée, Shéhérazade. Et vous vous êtes enfuie. Et vous êtes revenue haïe par votre communauté qui avait conté partout la légende de la fille « qui reviendrait bien mariée à quelqu’un de là bas dis ! »
Ah ! S’appeler Shéhérazade ! Dans la famille des maudits de la tour. Où les garçons vous traitent de pute si seule. Si seule ! A condition que seule et tellement seule.. Sauf si, Shéhérazade, sauf si la cave. Parce qu’un matin vous aviez porté la jupe !
Au bout de quoi vous n’avez pas épousé le mari de là bas dis ! Sans doute il a voulu voir ça. Votre virginité, Shéhérazade. Alors, nous aussi dans le HLM on va voir ! Allonge toi, Shéhérazade ! Déshabille toi, Shéhérazade. Ou je te déchire.
Ah ! S’appeler Shéhérazade et travailler dans les nouvelles technologies, enfin ! Partir au bras du soir à celui d’un homme sans souci de Dieu. Sans cave à renier. Un homme impie au pieu. Sceptique ailleurs. Et délicieux.
Ah ! S’appeler Shéhérazade et s’entendre demander :
— Tu me lis les Contes des mille et une nuits ?
— Tu ne m’égorgeras pas si je m’endors ?
— Quelle drôle d’idée ma chérie..
Ah ! S’appeler Shéhérazade et être chérie !
Shéhérazade a fait du nord, elle, pour échapper au moucharabieh des caravansérails. Aux muezzins zinzins. La petite Atamaniouk a fait du sud pour retrouver un climat sans blizzards. Elles se sont retrouvées au médian des tyrannies du climat et de la foi : en France..
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À la semaine prochaine ?
Jean Sébastien Loygue
http://www.loygue.com/
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Depuis pas mal d’années je me demande pourquoi l’homme apparu dans un monde sans ennemis de son espèce a choisi de s’enfoncer dans des fonds de vallées de montagne. Pour y planter. A quarante cinq degré de pente. Les mêmes graines qu’en plaines.
Connaissez vous, mes amis, le nombre d’homo sapiens sapiens en Europe, il y a trente mille ans ?
— Tu vas nous le dire..
— Quatre mille quatre cent !
— Non !
Mes amis levaient un sourcil. Je voyais leurs yeux qui allaient en bas à gauche. Ils vidaient le passé de ses habitants ; voyaient des espaces sans hommes. Des toundras ? Si tu veux ! Des forêts ? Pourquoi pas ? D’un sommet, aucune fumée ne trahira ton frère. Tu n’en as pas ! Tu retournes à ta yourte, grotte, cahute. Les bras en bas. Tu es bien seul, n’est-ce pas ? Tu te serres contre les tiens..
Au fait combien ? Quelques uns ? Trois ? Ou
quatre ? Ou huit ? La dizaine n’a pas été inventée.. Après, pourquoi veux-tu partir ? Tu as l’idée de « l’autre » ? Tu en ressens le besoin ? Tu es pris par la frénésie du frai ? Comme les poissons ?
Mais il ne suffit pas que tu sèmes. Il faut que tu copules. C’est pour ça que tu fais tes bagages ? Avec ta semence dans les couilles ?
Avec ta pieuse ? Qui, comme toi, pue sa rage d’être nombreuse ? A deux, on sera beaucoup, n’est-ce pas ? Et si on n’arrivait pas au bout, au moins que l’enfant prolonge la harde. C’est ça ? Pourvu que ce soit un homme ! J’y suis ? Et qu’il darde ! Ou que gravide elle gémisse…
Mais enfin, tu vas où ? Puisque l’espèce n’existe pas !
— Hé bé..
— Dix mille ans avant JC, le chiffre n’a que peu changé, mes amis : dix mille homme, en vingt mille ans.. !!
— Hé bé..
Mais bon Dieu, pourquoi avoir choisi le transi ? Où il fallait tuer à la lance l’ours blanc pour se vêtir et manger. Ours qui vous fend d’une griffe, après quoi il dévore vos deux moitiés fumantes..
— Bienvenue Alexandra Atamaniouk en pays tempéré ! Concluait Pied de Vigne.
Les prénoms des jeunes femmes d’Afrique du nord sont souvent empesés d’un double sens terrible. Elles sont des enfants, mais voilà que le fardeau de la sagesse les accable au virage de leur innocence. Celui de la gloire à Dieu au plus haut des cieux. Là d’où tombe aussi le feu de pères austères. De frères suspicieux de leur vertu comme le sont les parents adultères. De maris rois de leur culs.
— Ce qui ne mène pas loin ! Commentaient mes amis. Inventeurs, on le sait, de ritournelles à tire d’ailes.
Elles sont à la fois honorées, de s’appeler sagesse de l’Islam. Comme nos moniales s’enivraient de s’entendre dire « Préférées du Seigneur ». Elles sont aussi un peu épouvantées. Elles avaient choisi la liberté. Et voilà qu’au détour d’un baiser. Quelqu’un leur demande : « Il veut dire quoi, le joli prénom que tu as ? »
Elles ne peuvent que répondre : Sagesse de l’Islam.. Mon Dieu, qu’elle est lourde à porter, cette Sagesse de l’Islam - un mot qui veut dire soumission !! Pour une petite fille qui n’en demandait pas tant..
Retour aux sources de la puissance. Celle d’un inconnu que l’on fuyait. Mais il vous rattrape. Il vous élève au rang de défenseur de sa foi folle.
— Tu seras reine, ma fille. Et la dernière de mes vestales !
*
Même le merveilleux prénom de Shéhérazade s’associe à un conte des mille et une nuits où seule l’offrande du rêve à un tyran vous assure la vie..
Ne pas fauter. Ne pas mourir. Raconter. Promettre. Ah ! La gloire ambiguë de s’appeler Shéhérazade ! D’ensoleiller chaque petite étoile dans un œil qui frétille de vous consommer. Et en même temps de vous maudire si vous succombez.
Ah ! Porter le nom de Shéhérazade ! Comme un diadème de votive reniée ! D’agenouillée. D’enchanteresse en camisole. De ravinée de femme..
Ah ! S’appeler Shéhérazade ! Et fuir les talents que l’on vous prête. A condition de les jeter aux pieds de l’homme tout puissant qui vous susurre la voussure. Alors que dans la rue où il ambule, il tient par son petit doigt son ami mâle.. Mais vous trancherait la gorge si vous le traitiez de « Pédé ».
Ah ! S’appeler Shéhérazade ! Dans la cité d’où l’on vous a charriée. Jusqu’au charter du mariage de là bas dis ! Et vous y êtes allée, Shéhérazade. Et vous vous êtes enfuie. Et vous êtes revenue haïe par votre communauté qui avait conté partout la légende de la fille « qui reviendrait bien mariée à quelqu’un de là bas dis ! »
Ah ! S’appeler Shéhérazade ! Dans la famille des maudits de la tour. Où les garçons vous traitent de pute si seule. Si seule ! A condition que seule et tellement seule.. Sauf si, Shéhérazade, sauf si la cave. Parce qu’un matin vous aviez porté la jupe !
Au bout de quoi vous n’avez pas épousé le mari de là bas dis ! Sans doute il a voulu voir ça. Votre virginité, Shéhérazade. Alors, nous aussi dans le HLM on va voir ! Allonge toi, Shéhérazade ! Déshabille toi, Shéhérazade. Ou je te déchire.
Ah ! S’appeler Shéhérazade et travailler dans les nouvelles technologies, enfin ! Partir au bras du soir à celui d’un homme sans souci de Dieu. Sans cave à renier. Un homme impie au pieu. Sceptique ailleurs. Et délicieux.
Ah ! S’appeler Shéhérazade et s’entendre demander :
— Tu me lis les Contes des mille et une nuits ?
— Tu ne m’égorgeras pas si je m’endors ?
— Quelle drôle d’idée ma chérie..
Ah ! S’appeler Shéhérazade et être chérie !
Shéhérazade a fait du nord, elle, pour échapper au moucharabieh des caravansérails. Aux muezzins zinzins. La petite Atamaniouk a fait du sud pour retrouver un climat sans blizzards. Elles se sont retrouvées au médian des tyrannies du climat et de la foi : en France..
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À la semaine prochaine ?
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